iso2 / Installation / Centre culturel François Mitterrand - Périgueux - avril 2010

Iso2. Installation.

Tôles de fer blanc, tissu et plumes, bois…

avril 2011, Espace culturel départemental François Mitterand, Périgueux, France

Co-création SPMBB [Michel Brand, Anthony Gripon, Inna maaimura, Nicolas Bazès, Eric Solé]


Iso2 est le résultat d'un travail réalisé lors d'une résidence de création organisée par l'Agence culturelle départementale de la Dordogne dans le cycle Onde(s) de Choc dédié à la pratique de l'art en collectif.


En 2011, trois collectifs d'Aquitaine ont participé à cette première session :

1/ SPMBB (plasticiens)
2/ a .a. O (danse, théâtre et vidéo)
3/ La seconde qui vient (plasticiens et musiciens)

 

A propos d'Iso2

Dans les habituelles salles d'expositions de l'espace François Mitterrand, une grosse quantité de matériaux est œuvrée pour les remplir de… vide. Pas tout à fait.

Deux espaces parallèles (que l'on visite en les parcourant) sont crées au rez de chaussée, tandis que 2 volumes disposés dans les caves du bâtiment sont visibles à une certaine distance en restant inapprochables.

SPMBB prend le carré comme point de départ minimal : le carré de par son absence de dynamique particulière est très neutre. De plus, en plan, les 2 espaces accolés l'un à l'autres forment sensiblement un carré.

SPMBB joue sur le double. En doublant dans ses proportions un espace déja existant sur le site (le couloir), un trouble spatial est jeté. L'on passe d'un espace à un autre qui se ressemblent en taille et proportions mais qui s'opposent fortement dans leurs aspect plastiques et sonores.

SPMBB joue sur les matériaux : un couple espace/volume est traité avec des plaques de fer blanc vernissés "pleine feuille" d'aspect doré, l'autre couple espace/volume est traité avec un molletonage de tissu bourré de plumes.
La perception sensorielle des 2 espaces parcourus en est fortement influencé avec les incidences sur les affects et les effets psychologiques que cela engendre.

L'œuvre rendue, "restituée" au public, est donc une œuvre unique, mais double. 2 espaces, 2 volumes,
2 matériaux principaux, 2 ambiances, 2 façons d'être face à une œuvre d'art (dedans et dehors, immergé ou maintenu à distance…)

Qu'en est-il ?
Iso2 livre de multiples interrogations. Qu'est-ce qu'une œuvre d'art ? Comment regarder une œuvre d'art ? Quelle distance trouver face à une œuvre d'art ? Pouvons-nous réellement pénétrer le mystère d'une
œuvre d'art ? Sommes nous transformés par une œuvre d'art ?
L'installation qui semble avoir pris toute la place disponible dans "l'institution Espace culturel François Mitterrand" occupe effectivement les lieux (jusque dans ses caves, ses fondations) et se substitue en quelque sorte à eux avec tous les dérangements (temporaires) que cela suppose. Iso2 peut-il être le double du lieux qui l'a accueilli ou au moins l'a-t-il été le temps de la résidence ? Peut-être bien.

L'œuvre d'art a-t-elle le pouvoir d'être un double du réel plus vrai que lui ?

 

Eric Solé Juillet 2011